30 mai 2009
STANDING NEXT TO ME
Il fait une chaleur de ouf et je marche jambres nues dans Saint-Denis.
Porter des jupes quand on est faite comme moi, c'est appeler direct au jugement de l'enveloppe, qu'on le veuille ou non. A moins d'avoir cette chose dans l'attitude, la manière de se tenir et de bouger, langage du corps comme une vraie liberté, les jolies filles, les morceaux calibrés, ne résonnent que si la tenue l'exige. Avoir trop de courbes et de chair, ça se ressent comme un message, frontal, comme rappeler qu'on existe quand même.
Là il fait chaud, je montre mes jambes pétries comme une autre, et désolée si ça fait dissonnance avec toutes ces silhouettes découpées.
Je voudrais les doigts qui se délient, les alentours qui floutent et le plexus qui vibre des basses, j'en ai marre d'être pauvre, de recompter dix fois le prix sur les étiquettes et de pleurer quand je poste mon loyer, je veux des scènes trop hautes, de la musique plein les oreilles, et des corps tout autour, découpés ou non, mon relevé de compte ne montre rien que RATP, Neufbox, France Télécom, et Carrefour Carrefour Carrefour Carrefour, je me déprime dans ma résignation.
Je veux quand même qu'on m'explique ce que c'est que cette foule. On nous écrase la gueule sur le béton poussiéreux quand on veut se plaindre en nous disant putain de petits cons privilégiés, putain de fonctionnaires sans pudeur et sans gène, regardez autour de vous comme tout le monde crève. Mais moi tout ce que je vois, c'est des masses de couleurs et de bijoux qui scintillent, par bandes, qui entrent et sortent de partout, des sacs au bras sur des kilomètres, ligne droite chatoyante rue Gabriel Péri. Et sur les bords des bouts de misère pour les escorter. Me battre pour des concepts devrait me faire honte.
Consommer sous vide est un échappatoire bien plus décent.
Commentaires
Ptain, jte jure c'est horrible. J'adore te lire, j'aimerais être là pour consoler peut être ? Ou juste pour être là.
Je m'enfile des petits concerts, les mêmes-t'en-as-pas-marre-à-la-fin. Mais j'm'en contrefous. Non j'en ai pas marre. je vis. Et n'empêche, tu me manques quand même, parce que t'étais la seule à être partante quoi qu'il arrive, et tu te donnais à fond sans te poser de questions. T'étais comme moi quoi.
Je regrette qu'on puisse pas faire les Wampas ensemble. Mais c'est pas grave on se rattrapera, un jour.
Kisses +++
pas mieux...mm vie...mm sensation..et pourtant on essaie de garder la tete haute...
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