16 juin 2009
CAROLINE SAYS
J'étais restée sur un ton un touuut ptit peu vénère, entre temps failli mourir de dysenterie que c'est pas la joie mais heureusement je suis revenue à la vie juste à temps pour vivre l'immanquable expérience de l'entretien + test informatique qui ouvre les portes - oh bonheur je défaille - du service scolarité de la fac en septembre (oui, l'été c'est l'été petit bouchon, je veux mes deux mois tant que c'est encore possible merde).
A part que je suis la meuf qui oublie ses lunettes pour passer un exercice chronométré qui consiste à lire des papiers écris en tout petit pour reporter ça sur un logiciel immonde texte vert sur noir (à ma décharge, ils avaient juste dit entretien, pas ma faute).
L'entretien était gratiné aussi, vu la tête de la meuf la réponse positive est pas garantie-garantie là ("Qu'évoque pour vous le service public ?" comprendre = "Faites vous partie de cette bande de dangereux gauchistes qui a ruiné quatre mois de bons et loyaux services à l'Etat ?").
Je suis une dangereuse gauchiste. Ptain faites gaffe, je vais trop pirater le système de la fac pour... euh... ben faire des trucs de terroriste, classique quoi.
C'est l'éclate cette semaine, plan orsec déménagement est lancé, lettre de résiliation prévue pour fin juin, j'ai officiellement un mois et des pépites pour me trouver une grotte décente. Avec première visite samedi qui sent trop pas l'arnaque ("Prenez votre chéquier pour verser la pré-caution" ET MON CUL ??), dommage, le truc me branchait bien.
La news qui vient de tomber, j'ai officiellement mon année, j'ai réussi à avoir une moyenne de 13 sans rendre un seul devoir à part ma lettre de dangereuse gauchiste à base de faut pas déconner, on est en grève, je suis gréviste, jvais pas taffer en plus (etouietoui jsuis une ouf).
Bref en ce moment c'est moitié merdique moitié pastropmal soit bien au dessus de ma tendance habituelle. Et EN PLUS ce soir c'est excellents groupes dans salle que j'adore, ding ding ding ! (et go Maroq !)
08 juin 2009
IN BLOOM
Dimanche c'était un peu pas mon jour.
Déjà pas pu voter, period, puisque je me suis fait envoyer sur les roses au commissariat une semaine plus tôt. Que ça prend trop de temps, que c'est trop compliqué mademoiselle - mes fesses, pas envie de faire leur boulot point final...
Donc je fais partie des 60% de gros cons, d'inconscients, ou de boulets comme moi, qui ont fait que le taux d'abstention crève le plafond et que les crétins de droite-très-très-à-droite (s'il y en a qui n'ont pas encore compris que l'UMP c'est le FN avec un autocollant neuf c'est maintenant ou jamais lapinets) se sont pavanés hier avec tellement d'indécence que j'aurais balancé la télé du premier si ç'avait pas été celle de mon mec. Sur tout le gratin fallait qu'ils invitent Pécresse... et ta tête au bout d'une pique, tu la vois ma vieille ? (putain je risque la cour martiale, j'ai fait fait péter les records de Oh la menteuse).
Pour me consoler de mon non-scrutin, je suis allée voir Luchini qui déblatérait gratos aux Bouffes du Nord pendant une heure, et c'était encore plus rigolo dans le public que sur scène dans le genre boboland, il s'est d'ailleurs pas privé de se foutre à demi mot des gens qui payent d'habitude deux semaines de smic pour aller le voir. Entre deux textes de Thomas Bernhard ça a tapé sur Delerm, Delanoë, Cohn-Bendit, en gros, alors soit il veut pas tomber dans la caricature de l'artiste antisarkozy soit il est vraiment de droite et c'est moi qui le kiffe trop pour avoir percuté avant (même si ok onsenfout).
Dans l'histoire j'ai perdu un badge I'm from Barcelona, souvenir de ce festival de ouf en Picardie où j'avais rencontré Séverine, la soirée qui s'était finie dans le bus avec Rob tellement bourré que ses yeux se croisaient - et pourtant gardant toujours ses délicieuses manières de gentleman anglais malgré les bulles de bière qui lui sortaient du nez.
Epis évidemment, mon premier Rolland-Garros sans TV, faut que je loupe LA victoire que j'attendais depuis quatre ans. Dans le genre le détail qui en rajoute.
La fin de journée à mater France 2 pour faire plaisir à Morgann - je lui avais dit que les résultats d'élections me foutaient en pétard pourtant... envie de leur smasher la gueule à ces couillons de la majorité présidentielle, envie d'aller exploser tous les crétins qui ont préféré regarder la fin de Grey's en mangeant des Häagen-Dazs® (on fait des procès pour moins que ça, je me range moi madame) parce qu'ils avaient la flemme de bouger leur cul deux rues plus loin.
Vénère quoi. Limite injuste je suis, j'sais bien. Et pas très consistante, après tout, je suis dans la masse de boeufs aussi.
D'ailleurs je m'en veux.
Le seul bon côté c'est l'effet boboland qui s'étend, paraît que voter à gauche fait peur aux gens, ils ont préféré écolo, c'est une belle étiquette, et d'ailleurs dans tout les camps ou presque ils s'en sont félicités du résultat, genre c'est bien que les citoyens pensent à la planète touça (mais nous on a quand même fait 28% dans tes dents !), est-ce qu'ils ont capté que dans les new députés ya un peu Cohn-Bendit (no comment quoi) ou Eva Joly je-fais-tomber-monsieur-Elf ? En votant pour l'air pur on nous a casé du lourd, du culte, du droit, au milieu de l'océan de raclures. Et ça, c'est au moins la bonne nouvelle de la semaine.
(pour pas rester en berne, à minuit on a quand même fini par mettre The Fellowship of the Ring bien fort avec les basses, parce que le 5.1 c'est bien connu, ça rebooste)
03 juin 2009
PRETEND IT DIDN'T HURT
Qu'est-ce que le point avec Placebo ?
Les faits sont là, j'ai passé Battle for the sun six ou sept fois, en étendant mon linge, en faisant la vaisselle, en écrivant des lettres de motiv, en trainant sur les blougs. Et pourtant, il m'en reste quedal dans la tête, à part les deux singles ouaispourquoipas (et encore, pour être honnête, la chanson-titre m'a pas fait frétiller grand chose jusqu'à que je vois ça où OMG Brian SOURIT en chantant, ça pique les yeux si on est pas prévenu... quand même, assez yummy le nain !)
J'ai dû faire ce qu'il fallait pas, me refaire les premières rondelles en ayant confiance, en mettant de côté que le plus coolos des trois avait mis les voiles pour être remplacé par un homonyme moitié de son âge (tattoos +++ mais côté capillaire c'est pas ça) (finalement paraît que le bleu est tout gentil avec les fans, why not ?).
J'étais toute motivée, genre youhou retour des riffs inspirés et des textes d'ado attardé tout comme j'aime, Molko avait même retrouvé la coupe des débuts si c'est pas un signe (que ceux à qui la brosse longue derrière manque sautent par la fenêtre).
Mais pas moyen, après l'audio d'un live made in england où de voir Taste in men dans la setlist est la seule chose qui m'a fait positivement hurler, c'est... ben je sais même pas, vais être obligée de remettre l'album pour pouvoir en parler. En tout cas ça sent encore moins les bas-fonds que la dernière fois, où yavait des sursauts par moments, en concert au moins. Mais là le pouvret il me brise le coeur à brâmer comme ça tout du long, que quelqu'un lui fasse un câlin que diable !
Enfin tfaçon, rien que depuis le titre ça sentait la rehab du moral. Tant mieux pour les piou-piou mais pas très productif.
Je sais toujours pas où je les verrai puisque j'ai boudé l'Olympia because prix démentiel (bon ok, ya Ghinzu avec), peux pas aller à Lille by myself sans savoir où pieuter, et le Sziget c'est un peu 200 euros + avion. Donc mes espoirs d'avoir une révélation scénique restent entiers (à peu de chose près, si on compte pas le nombre ahurissant de review négatives des concerts anglais, j'avoue).
30 mai 2009
STANDING NEXT TO ME
Il fait une chaleur de ouf et je marche jambres nues dans Saint-Denis.
Porter des jupes quand on est faite comme moi, c'est appeler direct au jugement de l'enveloppe, qu'on le veuille ou non. A moins d'avoir cette chose dans l'attitude, la manière de se tenir et de bouger, langage du corps comme une vraie liberté, les jolies filles, les morceaux calibrés, ne résonnent que si la tenue l'exige. Avoir trop de courbes et de chair, ça se ressent comme un message, frontal, comme rappeler qu'on existe quand même.
Là il fait chaud, je montre mes jambes pétries comme une autre, et désolée si ça fait dissonnance avec toutes ces silhouettes découpées.
Je voudrais les doigts qui se délient, les alentours qui floutent et le plexus qui vibre des basses, j'en ai marre d'être pauvre, de recompter dix fois le prix sur les étiquettes et de pleurer quand je poste mon loyer, je veux des scènes trop hautes, de la musique plein les oreilles, et des corps tout autour, découpés ou non, mon relevé de compte ne montre rien que RATP, Neufbox, France Télécom, et Carrefour Carrefour Carrefour Carrefour, je me déprime dans ma résignation.
Je veux quand même qu'on m'explique ce que c'est que cette foule. On nous écrase la gueule sur le béton poussiéreux quand on veut se plaindre en nous disant putain de petits cons privilégiés, putain de fonctionnaires sans pudeur et sans gène, regardez autour de vous comme tout le monde crève. Mais moi tout ce que je vois, c'est des masses de couleurs et de bijoux qui scintillent, par bandes, qui entrent et sortent de partout, des sacs au bras sur des kilomètres, ligne droite chatoyante rue Gabriel Péri. Et sur les bords des bouts de misère pour les escorter. Me battre pour des concepts devrait me faire honte.
Consommer sous vide est un échappatoire bien plus décent.
24 mai 2009
FOR REASONS UNKNOWN
En fait moins t'écris et plus c'est dur de s'y remettre, même si t'en meurs d'envie en permanence, de recommencer à raconter ta vie touça.
Alors qu'en fait je vais sûrement déménager da bloug vers une nouvelle plateforme. Pour cause de moi tellement stupide que j'ai utilisé ce compte pour un autre blog, un truc vachementsérieuxsamère,en gros en rapport avec une branche du mouvement des universités. La pression (ohmondieuohmondieu) devient si forte que je peux plus être la seule à m'en occuper., d'où accès pour un autre grand malade de la révolition à mon ID et mot de passe. A part que voilà, le lien entre réel et virtuel (et accessoirement entre page politique et page perso) c'est moi qui le fait, et personne d'autre, surtout avec des gens que je connais qu'à moitié (alors Julien si tu as eu l'audace de venir fouiller jusqu'aux limites de ce compte je te défrise les bouclettes. Et je boude. Violent.)
Je ne m'explique pas ma soudaine obsession pour les Killers.
La chaleur c'est tout bénef sauf les insectes volants qui ont l'air de pulu... pullu... d'aimer vachement le coin, et qui tournicotent en continue chez moi sans montrer le moindre intérêt à sortir. Je hais Saint-Denis, je hais ce proprio de mes deux, je hais ce trou à rats, les fourmies sur les murs, les scolopendres dans la douche, les moisissures partout dans les coins, et des fois ça fait du bien de se plaindre comme une vraie chieuse.
Je suis en pleine période de ce qui s'appelle paraît-il plus ou moins amour petits oiseaux brume chamallow même qu'en convertissant ce dingue qui m'aime (qu'il croit haha) (bref) à Life on Mars, je me suis surprise à pratiquement pas couiner devant Sam Tyler qui il fut un temps me faisait automatiquement iinonder Sophie de textos. Je suis une désespérante fillencouple qui roule des pelles au cinéma, s'envoie en l'air sur la table de la cuisine, boude quand il oublie de me traiter comme une princesse (c'est qu'on s'habitue à ces conneries).
Et sinon je le pousse dans un fauteuil roulant sur des kilomètres dans Paris tandis qu'il essaie de suivre notre malheureuse actrice qui court beaucoup trop vite (parce qu'il paraît que c'est ce qu'il y a de plus stable pour les travellings, mieux que le vélo, ben vous verriez la tête du film, on se croirait en mer)
J'ai découvert que n'avoir pas accès au net et volontairement boycotter msn vous coupe du monde parce que tu comprends les relations humaines c'est down ma belle, enfin on oubliera pas de t'envoyer un mail pour te dire que tu nous manques quand même. Soit.
D'ailleurs même chose financièrement parlant, je gratte le fond de mon compte pour me payer à manger, et quand tu peux plus sortir quarante euros de concerts par mois ben tu vois plus les gens. Soit.
Je mange, je dors, je baise, je manifeste, je colle des autocollants dans le métro, j'écris des scénarios, je pousse des fauteuils roulants pour les travellings, de temps en temps je sauve une caméra, série sur série, film sur film.
Le retour de Placebo m'a fait rembobiner jusqu'à mes quinze ans les frissons fringues trop petites mascara qui coule et peut-être que j'ai un tout petit peu compris.
Ado, à moins d'une vocation viscérale, les cours ne sont rien d'autre qu'une vague obligation, une structure classique imposée, et c'est tout autour, dans ce que tu prends dans la gueule à chaque page, chaque morceau, chaque minute de film, qui fait que tu vibres comme ça, comme jamais, et on se rend pas bien compte combien ces moments-là ne durent pas.
Et pis ayé t'es grand, tu fais des projets contraint et forcé, ou pas d'ailleurs, et les jours se remplissent d'attente, d'angoisse, de sueur, de vie d'adulte, sérieux et rigide. J'y suis, moi aussi, faut pas se fier au maquillage de clown, au rire de hyène, au langage de pirate, j'y étais dans l'âge adulte, celui où tu laisses plus les choses t'atteindre à t'en péter les neurones parce que t'as plus le temps.
J'analyse. Je constate.
Et je refuse.
Concentrer les éclairs de responsabilité pour trouver un taf et réussir mes exams année après année, pour trouver où déménager, pour faire mes comptes et pouvoir tous les mois payer mon loyer. Juste de quoi rester d'aplomb, un minimum de sécurité, comme j'aime. Et en dehors de ça consommer décibels, laisser courir, être immature et jemenfoutiste et lâche et inconstante et illogique et bruyante et trop pleine d'inconnu. Réapprendre à vibrer.
Être ado ça craint. Mais le rester ça conserve.