REGARDE UN PEU LA FRANCE

Druggy - Music is my boyfriend - j'assume mes goûts de chiotte

04 septembre 2009

CLOUDS UP

Oh joie, accueillons avec allégresse le retour des centaines de costards grinçants et étudiants en droit à mèche en même temps que la météo démarre son nouveau programme à Septembre day 1. Le métro charrie des pelletés de corps gris et collants. Joie.
Des tonnes de parisiennes jamais rassasiées remplissent tous les coins des boutiques et des rues - fauchant au passage toutes les chaussures de mes rêves dans ma pointure, si quelqu'un me trouve les bottines blanches H&M en 40 je lui suce les orteils à la lueur des chandelles - nulle part le silence, nulle part le vide. Pas plus que du plein, rien que des gens qui passent passent passent en grésillant. Je reste enfermée tant que je peux encore, je serre mes coudes sur mes genoux et je noie les mots qui servent à rien. Droit devant, lalala. Je me nourris de sériesdegeek et de yaourt stracciatella au chaud dans le duvet qui te bouche la vue, celui de aimer / être aimé, je profite tant qu'ya pas de casse, et tout me monte à la tête un peu, je refuse un mois de taf à la fac pour vivre, les poches vidées par quatre jours à Bruxelles, mais toujours cette envie de temps en temps de retrouver la philosophie des cheveux gras, tee-shirt Nirvana, baggy et bagues à tous les doigts, ou simplement ce moment quand quoi que tu fasses ça n'était jamais très grave. J'applique. J'ai pas tout perdu, je constate.

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25 juillet 2009

MORNING GLORY

Plus rien.

Plus d'argent, plus de vie, plus de coeur. Plus rien.
Même plus le net.

J'y arrive plus, et pourtant je me suis battue, autant que possible, j'ai gardé la tête hors de l'eau, mais quand les secours te confirment qu'ils arriveront jamais, ya comme l'envie d'un peu de silence.

J'ai construit, j'ai perdu. Tout. J'ai perdu tous les gens qui m'étaient proche, parce que jamais d'argent pour les suivre, jamais pour les concerts, jamais pour sortir, ils ont sûrement fini par se lasser de toujours la même réponse, je peux pas, je suis dans le rouge au bout de trois jours je trouve pas de taf je déménage j'ai les factures france télécom neuf EDF LMDE RATP  tout me tire vers le bas et rien rien rien qui marche tout à faire. Seule seule seule merde.

J'ai donné mon coeur à un garçon trop perdu pour le protéger, aussi dur que le dernier qui me piétinait volontairement, lui ne voit rien. Me déchire, me découpe, sans savoir, et s'en veut, mais ne peut rien arrêter. Me laisse avec les ordures, m'écarte d'un souffle pour laisser la place à ses amis, qui ont sa vie, son âme, son temps, j'aspire avidement les miettes. Je pleure beaucoup. Je suis épuisée. Je n'ai plus la force de rien sauver. J'ai peur. Je n'ai plus aucun filet, rien qui me retient. Zéro. Si une paire de main ne me rattrape pas bientôt je sais ce qui va arriver à nouveau. A part qu'il n'y a personne pour m'arrêter. Je n'ai plus quinze ans, deux parents dans la pièce d'à côté et un malheureux compas qui fait des trous minuscules, tant que cinq ans plus tard il ne reste aucune trace. J'ai vingt ans, des listes de médicaments et une fenêtre au troisième étage pour accueillir ma cervelle éparse. Je n'ai plus foi en rien, au point d'écrire ça, là, aux yeux de tous, autant dire de personne. Quoi qu'il arrive, certains d'entre vous, ceux qui ont compté, ne serait-ce que deux heures, ont repoussé tant et tant ces mots là. Mais je n'ai plus personne. Je n'ai plus rien.

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07 juillet 2009

SOUS X

C'est l'hystérie puisque j'avais oublié mais La Sorcière m'a heureusement réveillée : c'est enfin le grand retour de Torchwood avec Children of Earth - un épisode par soir sur une semaine, GOSH. Vu que j'avais un peu gardé en travers le final de la saison 2 et que le trailer m'encourageait pas du tout... MAIS qu'ils sont trètrès doués pour les Season Premiere ces bestiaux (cf le grand retour de James Masters genre parfait), sans compter les premiers commentaires de l'affaire qui partent bien... La question du jour : John Barrowman va-t-il finir par arrêter de jouer si... américain ??
Excitation à son comble, je m'étonne moi-même de mon état. Je suis en plein revival Doctor Who puisque j'essaie d'initier Morgann qui en échange me fait avaler Stargate SG-1 dans le désorde parce que les débuts sont moyen funky.
(Là c'est le moment où plus personne s'étonne qu'il nous ait fallu une semaine pour nous mettre ensemble).
Il a aussi les saisons de Sabrina The Teenage Witch, et plus on s'en matte ensemble plus je constate à quel point un  personnage semble être à la base même de sa personnalité. Lucky Girl, I Am.
(je le pense vraiment, en fait)

Silence radio ces derniers temps d'où plates excuses, je suis en plein déménagement dans le 18ème (haha farewell Saint-Denis), et chez moi déménager c'est des aller-retours avec des valises pleines (à l'aller, vides au retour, on se comprend). J'ai jusqu'à fin juillet t'façon, sans compter que 15m2 c'est vite plein... comme c'estr la dèche absolue j'ai revendu toutes mes places de concert, je suis officiellement sans taff, sans occupation et sans argent, aka étudiante en vacances.

(et sinon ça serait bien que la CAF m'envoie mes six mois d'APL que je puisse rembourser mes parents qui doivent commencer à se demander pourquoi ils se sont reproduits) (note, même sans moi ça fait longtemps qu'il se le demandent)

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16 juin 2009

CAROLINE SAYS

J'étais restée sur un ton un touuut ptit peu vénère, entre temps failli mourir de dysenterie que c'est pas la joie mais heureusement je suis revenue à la vie juste à temps pour vivre l'immanquable expérience de l'entretien + test informatique qui ouvre les portes - oh bonheur je défaille - du service scolarité de la fac en septembre (oui, l'été c'est l'été petit bouchon, je veux mes deux mois tant que c'est encore possible merde).

A part que je suis la meuf qui oublie ses lunettes pour passer un exercice chronométré qui consiste à lire des papiers écris en tout petit pour reporter ça sur un logiciel immonde texte vert sur noir (à ma décharge, ils avaient juste dit entretien, pas ma faute).

L'entretien était gratiné aussi, vu la tête de la meuf la réponse positive est pas garantie-garantie là ("Qu'évoque pour vous le service public ?" comprendre = "Faites vous partie de cette bande de dangereux gauchistes qui a ruiné quatre mois de bons et loyaux services à l'Etat ?").
Je suis une dangereuse gauchiste. Ptain faites gaffe, je vais trop pirater le système de la fac pour... euh... ben faire des trucs de terroriste, classique quoi.

C'est l'éclate cette semaine, plan orsec déménagement est lancé, lettre de résiliation prévue pour fin juin, j'ai officiellement un mois et des pépites pour me trouver une grotte décente. Avec première visite samedi qui sent trop pas l'arnaque ("Prenez votre chéquier pour verser la pré-caution" ET MON CUL ??), dommage, le truc me branchait bien.

La news qui vient de tomber, j'ai officiellement mon année, j'ai réussi à avoir une moyenne de 13 sans rendre un seul devoir à part ma lettre de dangereuse gauchiste à base de faut pas déconner, on est en grève, je suis gréviste, jvais pas taffer en plus (etouietoui jsuis une ouf).

Bref en ce moment c'est moitié merdique moitié pastropmal soit bien au dessus de ma tendance habituelle. Et EN PLUS ce soir c'est excellents groupes dans salle que j'adore, ding ding ding ! (et go Maroq !)

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08 juin 2009

IN BLOOM

Dimanche c'était un peu pas mon jour.

Déjà pas pu voter, period, puisque je me suis fait envoyer sur les roses au commissariat une semaine plus tôt. Que ça prend trop de temps, que c'est trop compliqué mademoiselle - mes fesses, pas envie de faire leur boulot point final...
Donc je fais partie des 60% de gros cons, d'inconscients, ou de boulets comme moi, qui ont fait que le taux d'abstention crève le plafond et que les crétins de droite-très-très-à-droite (s'il y en a qui n'ont pas encore compris que l'UMP c'est le FN avec un autocollant neuf c'est maintenant ou jamais lapinets) se sont pavanés hier avec tellement d'indécence que j'aurais balancé la télé du premier si ç'avait pas été celle de mon mec. Sur tout le gratin fallait qu'ils invitent Pécresse... et ta tête au bout d'une pique, tu la vois ma vieille ? (putain je risque la cour martiale, j'ai fait fait péter les records de Oh la menteuse).

Pour me consoler de mon non-scrutin, je suis allée voir Luchini qui déblatérait gratos aux Bouffes du Nord pendant une heure, et c'était encore plus rigolo dans le public que sur scène dans le genre boboland, il s'est d'ailleurs pas privé de se foutre à demi mot des gens qui payent d'habitude deux semaines de smic pour aller le voir. Entre deux textes de Thomas Bernhard ça a tapé sur Delerm, Delanoë, Cohn-Bendit, en gros, alors soit il veut pas tomber dans la caricature de l'artiste antisarkozy soit il est vraiment de droite et c'est moi qui le kiffe trop pour avoir percuté avant (même si ok onsenfout).

Dans l'histoire j'ai perdu un badge I'm from Barcelona, souvenir de ce festival de ouf en Picardie où j'avais rencontré Séverine, la soirée qui s'était finie dans le bus avec Rob tellement bourré que ses yeux se croisaient - et pourtant gardant toujours ses délicieuses manières de gentleman anglais malgré les bulles de bière qui lui sortaient du nez.

Epis évidemment, mon premier Rolland-Garros sans TV, faut que je loupe LA victoire que j'attendais depuis quatre ans. Dans le genre le détail qui en rajoute.

La fin de journée à mater France 2 pour faire plaisir à Morgann - je lui avais dit que les résultats d'élections me foutaient en pétard pourtant... envie de leur smasher la gueule à ces couillons de la majorité présidentielle, envie d'aller exploser tous les crétins qui ont préféré regarder la fin de Grey's en mangeant des Häagen-Dazs® (on fait des procès pour moins que ça, je me range moi madame) parce qu'ils avaient la flemme de bouger leur cul deux rues plus loin.
Vénère quoi. Limite injuste je suis, j'sais bien. Et pas très consistante, après tout, je suis dans la masse de boeufs aussi.
D'ailleurs je m'en veux.

Le seul bon côté c'est l'effet boboland qui s'étend, paraît que voter à gauche fait peur aux gens, ils ont préféré écolo, c'est une belle étiquette, et d'ailleurs dans tout les camps ou presque ils s'en sont félicités du résultat, genre c'est bien que les citoyens pensent à la planète touça (mais nous on a quand même fait 28% dans tes dents !), est-ce qu'ils ont capté que dans les new députés ya un peu Cohn-Bendit (no comment quoi) ou Eva Joly je-fais-tomber-monsieur-Elf ? En votant pour l'air pur on nous a casé du lourd, du culte, du droit, au milieu de l'océan de raclures. Et ça, c'est au moins la bonne nouvelle de la semaine.

(pour pas rester en berne, à minuit on a quand même fini par mettre The Fellowship of the Ring bien fort avec les basses, parce que le 5.1 c'est bien connu, ça rebooste)

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03 juin 2009

PRETEND IT DIDN'T HURT

Qu'est-ce que le point avec Placebo ?

Les faits sont là, j'ai passé Battle for the sun six ou sept fois, en étendant mon linge, en faisant la vaisselle, en écrivant des lettres de motiv, en trainant sur les blougs. Et pourtant, il m'en reste quedal dans la tête, à part les deux singles ouaispourquoipas (et encore, pour être honnête, la chanson-titre m'a pas fait frétiller grand chose jusqu'à que je vois ça où OMG Brian SOURIT en chantant, ça pique les yeux si on est pas prévenu... quand même, assez yummy le nain !)

J'ai dû faire ce qu'il fallait pas, me refaire les premières rondelles en ayant confiance, en mettant de côté que le plus coolos des trois avait mis les voiles pour être remplacé par un homonyme moitié de son âge (tattoos +++ mais côté capillaire c'est pas ça) (finalement paraît que le bleu est tout gentil avec les fans, why not ?).

J'étais toute motivée, genre youhou retour des riffs inspirés et des textes d'ado attardé tout comme j'aime, Molko avait même retrouvé la coupe des débuts si c'est pas un signe (que ceux à qui la brosse longue derrière manque sautent par la fenêtre).
Mais pas moyen, après l'audio d'un live made in england où  de voir Taste in men dans la setlist  est la seule chose qui m'a fait positivement hurler, c'est... ben je sais même pas, vais être obligée de remettre l'album pour pouvoir en parler. En tout cas ça sent encore moins les bas-fonds que la dernière fois, où yavait des sursauts par moments, en concert au moins. Mais là le pouvret il me brise le coeur à brâmer comme ça tout du long, que quelqu'un lui fasse un câlin que diable !

Enfin tfaçon, rien que depuis le titre ça sentait la rehab du moral. Tant mieux pour les piou-piou mais pas très productif.

Je sais toujours pas où je les verrai puisque j'ai boudé l'Olympia because prix démentiel (bon ok, ya Ghinzu avec), peux pas aller à Lille by myself sans savoir où pieuter, et le Sziget c'est un peu 200 euros + avion. Donc mes espoirs d'avoir une révélation scénique restent entiers (à peu de chose près, si on compte pas le nombre ahurissant de review négatives des concerts anglais, j'avoue).

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30 mai 2009

STANDING NEXT TO ME

Il fait une chaleur de ouf et je marche jambres nues dans Saint-Denis.

Porter des jupes quand on est faite comme moi, c'est appeler direct au jugement de l'enveloppe, qu'on le veuille ou non. A moins d'avoir cette chose dans l'attitude, la manière de se tenir et de bouger, langage du corps comme une vraie liberté, les jolies filles, les morceaux calibrés, ne résonnent que si la tenue l'exige. Avoir trop de courbes et de chair, ça se ressent comme un message, frontal, comme rappeler qu'on existe quand même.
Là il fait chaud, je montre mes jambes pétries comme une autre, et désolée si ça fait dissonnance avec toutes ces silhouettes découpées.

Je voudrais les doigts qui se délient, les alentours qui floutent et le plexus qui vibre des basses, j'en ai marre d'être pauvre, de recompter dix fois le prix sur les étiquettes et de pleurer quand je poste mon loyer, je veux des scènes trop hautes, de la musique plein les oreilles, et des corps tout autour, découpés ou non, mon relevé de compte ne montre rien que RATP, Neufbox, France Télécom, et Carrefour Carrefour Carrefour Carrefour, je me déprime dans ma résignation.

Je veux quand même qu'on m'explique ce que c'est que cette foule. On nous écrase la gueule sur le béton poussiéreux quand on veut se plaindre en nous disant putain de petits cons privilégiés, putain de fonctionnaires sans pudeur et sans gène, regardez autour de vous comme tout le monde crève. Mais moi tout ce que je vois, c'est des masses de couleurs et de bijoux qui scintillent, par bandes, qui entrent et sortent de partout, des sacs au bras sur des kilomètres, ligne droite chatoyante rue Gabriel Péri. Et sur les bords des bouts de misère pour les escorter. Me battre pour des concepts devrait me faire honte.
Consommer sous vide est un échappatoire bien plus décent.

Posté par Druggy à 18:04 - Commentaires .2.



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